Communiqué de presse SYNA - UNIA du 24 janvier 2008
La Société suisse des entrepreneurs refuse la CN et devra répondre d'avoir envenimé le conflit dans la construction
Les entrepreneurs ne tiennent pas parole
La SSE ayant refusé de manière irresponsable la nouvelle convention collective de travail négociée, la branche du bâtiment se trouve face à une nouvelle escalade possible du conflit. Des négociations ultérieures ne sont pas permises par la convention de médiation. Les syndicats exigent que les entrepreneurs corrigent cette décision erronée.
L'assemblée des délégués de la Société suisse des entrepreneurs (SSE) a refusé aujourd'hui la solution convenue à l'issue de la médiation dans le conflit sur une nouvelle convention nationale dans le secteur principal de la construction (CN). Cette décision est absolument irresponsable. Irresponsable envers les travailleurs qui vont entamer la nouvelle saison dans la construction sans protection contre le dumping salarial et social. Mais également irresponsable envers la branche et l'économie suisse, dans le sens où le conflit va inévitablement s'envenimer.
La SSE menace la paix sociale
La Société suisse des entrepreneurs met une nouvelle fois la paix sociale en danger dans la construction. En mai de l'an dernier déjà, en ayant unilatéralement résilié la CN au beau milieu des négociations pour une nouvelle convention, les entrepreneurs avaient provoqué des réactions de protestation massives et des grèves de la part des maçons. Dans les mois qui ont suivi, la SSE a refusé de mener des négociations constructives et a campé sur ses revendications inacceptables. L'association patronale a pris consciemment le risque d'imposer un vide conventionnel à la construction, et de ce fait, d'exposer la branche au dumping salarial et social, dans le but de faire passer en force une dérégulation du temps de travail.
Par leur résistance et leur détermination, les maçons ont réussi à stopper ces plans insensés de démantèlement. Début novembre, la SSE a demandé une médiation, afin qu'une aide extérieure permette d'arriver à une solution. Les syndicats l'ont acceptée, et, sur proposition de la Conseillère fédérale Doris Leuthard, les parties ont admis l'ancien chef de la Direction du travail du Seco, Jean-Luc Nordmann, en tant que médiateur. Après des semaines de négociations intensives, ce dernier a réussi à faire accepter juste avant Noël une solution complète, qui a été approuvée par les deux parties.
Mais la SSE fait maintenant mouvement arrière et refuse de signer la convention collective de travail négociée dans son ensemble. Apparemment, les entrepreneurs ne voient que leurs avantages à court terme - même si cela doit troubler la paix sociale dans le pays et provoquer le chaos sur les chantiers. Or, les responsables de la SSE se discréditent en leur qualité de partenaires sociaux sur qui on ne peut pas compter. En outre, ils foulent aux pieds le partenariat social.
Les entrepreneurs doivent revenir sur cette décision
La branche se trouve désormais face à une extension massive du conflit - à l'approche du début de la saison dans la construction. Les maçons ne vont en aucun cas accepter cet affront. Ils vont lutter avec tous les moyens dont ils disposent pour obtenir une régulation des rapports de travail et contre le dumping salarial et social.
Les entrepreneurs se bottent eux-mêmes en touche en ayant pris cette décision incompréhensible. Des négociations ultérieures sur la solution convenue en médiation ne sont pas possibles, comme l'indique clairement l'accord protocolaire sur la solution issue de la médiation (en allemand, traduction ci-dessous): «Si l'acceptation ne devait être que partielle, accompagnée de réserves ou soumise à conditions, cela reviendrait à un rejet du paquet dans son ensemble.» Si la Société suisse des entrepreneurs ne veut pas provoquer un conflit dur et long, ayant des conséquences largement néfastes, elle doit aujourd'hui revenir sur sa décision erronée. C'est la seule manière d'éviter que le conflit ne s'envenime dans la construction.
Les travailleurs de cette branche ont le droit de bénéficier d'une convention collective de travail qui les protège contre le dumping salarial et social. Les syndicats continuent à s'en tenir au résultat négocié, parce qu'ils veulent que les rapports de travail soient réglés dans la construction. Les maçons ne vont pas accepter cette rupture de parole des entrepreneurs et vont lutter pour leur convention. Les instances compétentes d'Unia et de syna vont se prononcer samedi sur le résultat de la médiation. Face au refus des entrepreneurs, les syndicats sont obligés de prendre de nouvelles mesures de lutte.
*Comme le texte n'existe qu'en allemand, voici la traduction du point 3 de l'accord protocolaire:
« Les chiffres 1 et 2 de cet accord sont soumis à l'approbation ou au refus de l'assemblée des délégués de la SSE du 24.01.08 ainsi que des conférences de branche, respectivement professionnelle, des syndicats Unia et syna du 26.01.08. Si l'acceptation ne devait être que partielle, accompagnée de réserves ou soumise à conditions, cela reviendrait à un rejet du paquet dans son ensemble.»
Texte intégral de l'accord protocolaire (en allemand)
Version portable du communiqué
Renseignements complémentaires
Kurz Regotz, Président du syndicat interprofessionnel Syna, Cellulaire: 079 617 6294
Andreas Rieger, coprésident du syndicat Unia
Ernst Zülle, responsable de la branche Construction Syna, Cellulaire 079 276 6379
Hansueli Scheidegger, chef du secteur Construction Unia